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Le guide des messagers
La naissance du Prophète
Écrit par le savant Moubarakfouri
Le guide des messagers (que la prière et la paix d'Allah soient sur
lui) naquit dans le carré de Banî Hachim à la Mecque au matin du
lundi 9 Rabîa Al-Awwal, au début de l’année de l’épisode de l’éléphant,
à la 40ème année du règne de Kisra et de Anoucharwân, ce qui
correspond au 20 ou 22 avril 571 G, selon les estimations du grand
expert Muhammad Soulayman Al-Mansourfouri et de l’astronome Mahmoud
Bacha.
Selon ibn Saad, la mère du prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Lorsque je
l’ai mis au monde, il est sorti de mon sexe une lumière qui illumina
les palais de la Syrie ». Ahmad, Ad-Dârimi et autres ont rapporté
quelque chose de similaire. On a rapporté aussi qu’il y eut des
signes de la mission prophétique à la naissance (que la prière et la
paix d'Allah soient sur lui) . En effet, 14 balcons s’écroulèrent au
palais de Kisra.
Le feu qu’adoraient les Rois Mages s’éteignit. Des églises s’écroulèrent
autour du lac Sawa où elles plongèrent. Le rapport de ces signes est
d’At-Tabari, d’Al-Bayhaqi et d’autres. La chaîne de transmission
n’est cependant pas fixe et nette.
Après avoir accouché, Amina envoya auprès de Abdil-Mouttalib lui
annoncer la naissance de son petit-fils. Réjoui par la nouvelle, il
arriva prit le nouveau-né, l’amena dans la Kaaba, invoqua Allah et le
remercia. Il lui choisit le nom de Muhammad, nom à l’époque inconnu
des arabes.
Il le circoncit à son septième jour, comme le faisaient les Arabes.
La première femme à allaiter Muhammad après sa mère fut Thouwayba la
captive affranchie d’Abi Lahab.
Elle l’allaita à un moment où elle allaitait son propre fils Masrouh.
Cette femme avait déjà allaité Hamza ibn Abdil-Mouttalib et ensuite
Abou Salamah ibn Abdil-Asad Al-Makhzouni.
Les arabes sédentaires avaient coutume de chercher des nourrices pour
les enfants pour éviter à ceux-ci les maladies de la métropole, les
doter d’une forte constitution, de développer-leur muscles et leur
permettre de comprendre l’arabe dès le bas âge. Ainsi,
Abdil-Mouttalib chercha une nourrice pour le prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) et lui choisit une femme appartenant
à Banî Saad ibn Bakr, à savoir Halima fille d’Abi Thouwayb dont le
mari était Al-Hrith ibn Abdil-Ozza connu par abou Kabcha et appartenant
à la même tribu.
Les frères de lait du prophète (que la prière et la paix d'Allah
soient sur lui) furent : Abdoullah ibn Al-Hârith, Anîsa bint Al-Hârith
et Houthâfah ou Jouthâmah bint Al-Hârith plus connue sous le nom de
Ach-Chayma’.
Halima fut la nourrice du prophète (que la prière et la paix d'Allah
soient sur lui) et d’Abi Soufyan ibn Al-Hârith ibn
Abdil-Mouttalib cousin du Messager d’Allah (que la prière et la paix
d'Allah soient sur lui). Son oncle Hamza ibn Abdil-Mouttalib était
aussi en allaitement chez Banî Saad ibn Bakr. Sa nourrice allaita le
prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) seul
jour alors que celui-ci était chez Halima. C’est pourquoi Hamza et le
prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sont aussi
frères de lait dans deux sens : du côté de Thouwayba et de celui
de Halima As-Saadiyya.
Cette dernière découvrit de la bénédiction du prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) de quoi la mener à l’étonnement
et à la stupéfaction. Elle raconta tout cela en détail :
Selon ibn Ishâq, Halima racontait qu’un jour elle sortit de sa
bourgade avec son mari et un enfant en allaitement ; en compagnie
aussi de femmes appartenant à Banî Saad ibn Bakr, à la recherche de
nourrissons. C’était, dit-elle, une année dure. Il ne nous restait
rien. Je sortis sur mon ânesse blanche. Nous avions aussi avec nous une
chèvre qui, par Allah, ne donnait presque pas de lait. Nous n’avions
pas dormi la veille à cause des cris de faim de l’enfant que nous
avions avec nous ; ce qu’il y avait dans mes seins ne lui
suffisait pas, encore moins le lait de la chèvre.
Toutefois, on espérait recevoir de la pluie et de la consolation. Je
sortis donc sur mon ânesse qui était si faible et si maigre que les
autres ânes la laissèrent derrière. Arrivées à la Mecque, nous nous
mîmes à chercher des nourrissons, mais aucune de nous n’accepta de
prendre le Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient
sur lui) dans la mesure où il était orphelin.
En effet, nous nous attendions à des actes de bienfaisance de la part
des pères. Un orphelin ? Nous disions-nous. Que peuvent bien faire
sa mère et son grand-père ? Voilà sur quelle base nous le détestions.
Chacune des femmes qui m’accompagnaient avait trouvé un nourrisson
sauf moi. Au moment de repartir, je dis à mon maris : « Par
Allah je déteste renter avec mes compagnes les mains vides. Par Allah
il me faut retourner prendre cet orphelin ».
Il répondit : « Comme tu veux. Il se peut qu’Allah nous le
bénisse ». Ainsi, je partis prendre l’orphelin, faute de mieux
et retournai à mes bagages. Je ne l’eus pas plutôt mis dans ma
chambre que mes deux seins se gonflèrent de lait. Alors il assouvit sa
soif et se mit à dormir, ce que son frère fit aussi après s’être
rassasié, lui qui, auparavant, nous empêchait de dormir.
Mon mari de leva et se rendit auprès de la chèvre qu’il trouva avec
beaucoup de lait dont il saisit pour traire de quoi nous permettre
de boire à notre aise. Cette nuit-là, nous dormîmes bien. Au matin
mon mari dit : « Tu sais, Halima, par Allah tu as pris
quelqu’un de béni ». « Je l’espère », répondis-je.
Ensuite nous sortîmes. Je montai alors sur mon ânesse, l’orphelin
avec moi. Cette ci était si active qu’elle dépassait tous les autres
ânes.
Etonnées mes compagnes dirent : « Fille d’Abi Thouwayb,
malheur à toi, doucement ! N’est ce pas l’ânesse que tu avais
en venant ? » Je leur répondis : « Si c’est la
même ». Alors elles reprirent. Par Allah, il y a donc quelque
chose en elle. Nous arrivâmes chez nous, chez Banî Saad la plus
infertile des terres que j’eusse jamais connues. Nous constatâmes
cependant que nos brebis avaient beaucoup de lait alors qu’auparavant
elles ne donnaient aucune goutte de lait. Aussi les sédentaires de
notre peuple disaient-ils à leurs berges : « Allez faire paître
les moutons là où fait paître le berger de la fille d’Abi Thouwayb ».
Leurs moutons étaient affamés et ne donnaient aucune goutte de lait
alors que les miens étaient gras, producteurs de lait. Ainsi, Allah
continua d’accroître nos faveurs et nos biens jusqu’au moment où
Muhammad fut sevré à deux ans. L’enfant ne grandit pas de la même
manière que les autres garçons, car, lorsqu’il atteignit ses deux
ans, il était déjà assez solide.
Alors, je le rendis à sa mère, bien disposée à le garder, du fait de
la baraka qu’il nous apportait. Je dis à sa mère : « Si
tu laissais mon fils avec moi jusqu’à ce qu’il devienne plus
solide, cela le préserverait des épidémies de la Mecque ».
Celle-ci, aussitôt, nous autorisa à le ramener. Ainsi le prophète
(que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta chez Banî
Saad jusqu’à l’age de 4 ou 5 ans, âge auquel eut lieu la fente de
sa poitrine.
A cet égard, Mouslim rapporte de Anas, que Jibril s’était présenté
au Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
alors que celui-ci jouait avec les garçons. Il le saisit, le terrassa
et fendit son cœur duquel il sortit une sangsue et dit : « Voici
la part que Satan a de toi ». Il lava ensuite la sangsue dans une
cuvette en or avec de l’eau de Zam-Zam, la banda et la remit à sa
place. Les garçons se précipitèrent vers sa mère ( sa nourrice ) et
dirent : « On a tué Muhammad ». Les gens accoururent
vers lui et le trouvèrent pâle. Anas dit avoir vu l’effet de l’opération
sur sa poitrine.
Retour de Muhammad chez sa mère
Après l’événement de la fente, Halima eut tellement peur pour la
vie de Muhammad qu’elle rendit celui-ci à sa mère. Alors, l’enfant
resta chez sa mère jusqu’à l’âge de six ans.
Commémorant le décès de son mari, Amina se proposa d’aller en
visiter la tombe à Yathrib. Elle sortit de la Mecque pour un voyage
long de 500 km, en compagnie de son enfant orphelin, Muhammad (que la
prière et la paix d'Allah soient sur lui), de sa servante Oum Ayman et
de Abdil-Mouttalib. Elle resta pendant un mois à Yathrib avant de
prendre le chemin du retour. A mi-chemin elle fut frappée d’une
maladie qui s’aggrava tellement qu’elle en mourut, à Abwâ, entre
la Mecque et Médine.
Muhammad à la charge de son grand-père
Aboul-Mouttalib ramena Muhammad à la Mecque le cœur rempli
d’affection et de sympathie pour son petit-fils orphelin que venait
d’atteindre un autre malheur, en plus du premier. Il ne le laissait
jamais seul et le préférait à ceux-ci. Selon ibn Hicham, on avait
l’habitude de placer un matelas autour duquel s’installaient les
fils de celui-ci jusqu’à l’arrivée de leur père. Aucun de tels
fils n’osait s’asseoir. Ses oncles voyant cela, avaient l’habitude
de l’en écarter. S’apercevant qu’on l’écartait Abdil-Mouttalib
disait : « Laisser mon fils ! Par Allah il est important ».
Sur ces mots, il s’asseyait avec lui sur le matelas, lui massant le
dos de sa main. Tout ce qu’il faisait le réjouissait.
A 8 ans, 2 mois et dix jours, Muhammad (que la prière et la paix
d'Allah soient sur lui) perdit son grand-père Abdoul-Mouttalib à
la Mecque. Toutefois, avant sa mort celui-ci l’avait confié à son
oncle Abou Tâlib, frère germain de son père.
Muhammad chez son oncle Abou Tâlib
Abou Tâlib se chargea de la défense de son neveu de la manière la
plus complète, le comptant parmi ses fils, le préférant même à
ceux-ci, lui réservant un traitement de respect et de considération.
Pendant plus de quarante ans, il l’affectionna et le soutint, assura
sa protection, eut pour la défense de sa cause des amis et des ennemis.
Extrait du livre "LE NECTAR
CACHETE" du professeur Safi Ar-Rahman
al-Moubarakfouri, professeur de l'université salafite de l'Inde.
Edition Daroussalam (Ici, il n’y a qu’un extrait, je conseille les
frères, et sœurs sincèrement de se le procurer.)
L'avenement de la Prophétie et
de la mission
Écrit par le savant Moubarakfouri
Dans la grotte de Hirâ
Aux environs de la quarantaine, le prophète (que
la prière et la paix d'Allah soient sur lui) constata que ses méditations
antérieures avaient élargi le fossé entre lui et son peuple et préféra
la solitude. Muni de vivre et d’eau, il se rendait à la grotte de
Hira, dans la montagne de la lumière ( Jabel An-Nour) située à peu près
à 4 km de la Mecque.
Il s’agit d’une grotte agréable de 4 coudées de long et de 1.75
coudées de large. Il y passait le mois de Ramadan, nourrissait les
pauvres qui les rejoignaient, passait son temps à l’adoration et à
la réflexion sur la puissance créatrice qu’ils cachaient.
L’associationnisme absurde et les représentations inconsistantes de
son peuple ne le rassuraient pas.
Cependant, il ne disposait ni d’une voie claire, ni d’une méthode définie,
ni d’une démarche orientée pouvant lui apporter dans ce sens quiétude
et satisfaction.
Son choix de la solitude était un aspect de la guidance d’allah à
son égard, guidance destinée à le détacher des préoccupations
d’ordre terrestre, du tumulte de la vie, des petites considérations
dont les gens meublaient leur vie, aux fins de le préparer à la grande
affaire qui l’attendait.
Ainsi, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
s’apprêter à endosser la lourde responsabilité, à changer la face
du globe et à modifier le cours de l’histoire.
Pendant 3 ans, Allah le voua à cette solitude avant de lui faire porter
Son message.
Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se lança
donc dans cette solitude pendant un mois au cours duquel il communiait
avec l’esprit de l’univers.
Méditait sur le mystère que cachait l’existence, jusqu’au moment où
sonna l’heure de traiter Avec ce mystère sous l’autorisation
d’allah.
Jibril (Gabriel) descendit avec la révélation
Lorsque le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
eut 40 ans révolus-ce qui est la pointe de perfection à partir de
laquelle, selon certain, Allah choisit Ses prophètes- les indices de la
prophétie commencèrent à ce faire jour.
De ces indices, on note qu’une pierre de la mecque saluait le prophète
(que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et que celui-
ci ne faisait aucun rêve qu’il ne vit se réaliser. Ces indices
apparurent pendant 6 mois. La durée de la prophétie fut de 23 ans.
Quant aux rêves vrais, ils constituent une des 46 éléments de la
prophétie.
Au mois de Ramadan de la troisième année de solitude dans la grotte de
Hira, il plut à Allah d’inonder l’humanité de sa clémence en
choisissant Mohammed comme prophète et comme messager.
Il envoya Jibril (Gabriel) lui révéler des versets du Coran.
Après observation et méditation des recoupements et des indicateurs,
on peut identifier ce jour-là comme étant le lundi 21 du mois de
Ramadan, dans la nuit, ce qui correspond au Dix août 610 G.
A l’époque, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient
sur lui) avait exactement quarante années lunaires, 6 mois et 12
jours ou en d’autres termes 39 années solaires, 3 mois et 20 jours.
Ecoutons Aicha l’intime (qu’Allah soit satisfait d’elle) nous
raconter l’histoire de cet événement qui, point de départ de la
prophétie, commençait à repousser les ténèbres de l’impiété et
de l’égarement
Au point de changer le cours de la vie et aussi de modifier la
perspective de l’histoire.
Elle dit : « les premières manifestations de la révélation
chez Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
furent des rêves profitables : Il ne faisait aucun rêve sans en
voir la réalisation. Ensuite, on lui fait aimer la solitude.
A cet égard, muni de provisions, il s’isolait dans la grotte de Hira,
fuyant l’adoration des idoles et se consacrant à Allah,
s’approvisionnait et repartait, ainsi de suite jusqu’au moment
où la vérité apparut dans la cave.
Alors, l’ange se présenta lui et dit : «
Récite ! »
« Je ne sais pas réciter » dit le
prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). L’ange
le saisit et l’étrangla jusqu’au point de le mener à l’étouffement.
Ensuite, il le lâcha et reprit : « récite ! »
Le prophète répéta : « Je ne sais
pas réciter ». L’ange l’étrangla une deuxième
fois au point de le mener à l’étouffement, après quoi il le lâcha
et dit : « je ne sais pas réciter ».
L’ange, le saisit une troisième fois et l’étrangla ensuite, il le
lâcha et dit « récite ». Le
prophète insista alors, il dit :
« Récite au nom de ton seigneur qui a créé, qui a
créé l’homme d’une adhérence. Récite, ton seigneur est le très
noble »Sourate 'L'adhérence' verset 1, 2 et 3.
Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
revint tout tremblant. Il se présenta chez Khadija, la fille de
Khouwaylid disant : « Enveloppez-moi ! Enveloppez
moi ! » on l’enveloppa jusqu’au moment Où se
dissipa sa frayeur. Alors il dit à khadija : « Qu’est
ce qui m’arrive ? »
Celle-ci lui retraça la scène. Muhammad (que la prière et la paix
d'Allah soient sur lui) reprit : « j’avais peur
pour moi-même » « non ! » Dit Khadija, « ma
foi, Allah ne t’humiliera jamais. Tu cultive la parente,
composes avec tout le monde, assistes les nécessiteux, donnes
l’hospitalité aux hôtes et aide à faire triompher la vérité ».
Elle l’emmena chez son cousin Waraka ibn Nawfal ibn Asad ibn
Abdil-Ozza.
Celui-ci était chrétien depuis l’époque antéislamique. Sachant écrire
l’hébreu il écrivait aisément l’évangile dans cette langue. C’était
aussi un grand sage qui avait perdu la vue.
Khadija s’adressa à lui en ces termes : « cousin, écoute
ce que va te dire ton neveu ! » Warakah dit à mohammad (que
la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Neveu,
que s’est-il passé ? »
Celui-ci lui décrit ce qu’il vit. Warakah reprit : « ça
c’est la loi qu’Allah avait fait descendre sur Mousâ. Ah ! Si
seulement j’étais jeune ! Si seulement j’étais en vie au
moment où ton peuple te fera sortir ! ». Le messager d’Allah
(que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « vont-ils
me faire sortir, eux ? ». « Oui » Répondit
Warakah ajoutant : « Aucun homme n’a jamais
apporté quelque chose de semblable à ce que tu apportes sans
s’exposer à l’inimitié et l’adversité ; Mais, si ce jour
me trouve en vie je t’aiderai énergiquement. »
Ensuite, Warakah ne tarda pas à mourir. La révélation fut
interrompue.
La période d’interruption de la révélation
Ibn Saad rapporte d’ibn Abbâs que la durée de la période
d’interruption de la révélation fut de quelques jours. C’est cela
le plus probable mais aussi ce qui se dégage après exploration de tous
les aspects. Pour ce qui est de l’information répandue selon la
quelle une telle période s’étendait sur trois ans ou deux ans et
demi, elle ne saurait être vraie ; mais ce n’est pas ici le lieu
de s’étendre sur sa réfutation.
Durant l’interruption, le messager d’Allah (que la prière et la
paix d'Allah soient sur lui) resta affligé et triste, frappé
d’étonnement et de stupéfaction. A cet égard Al-Boukhari rapporte
dans son livre intitulé « Kitâb at-Tabîr » les
propos ci-dessous :
La révélation s’interrompit un moment. Le prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) selon ce que nous a communiqué, éprouva
alors une telle tristesse et une telle amertume qu’il songea à aller
précipitamment se jeter du haut des hautes montagnes. Cependant, toutes
les fois qu’il était au sommet d’une montagne, prêt à se jeter
dans le vide, Jibril (Gabriel) lui apparaissait et s’adressait à lui
en ces termes : « Mohammed ! Tu es sans aucun doute
le messager d’Allah ». Cela le rassurait et le dissuadait
de son acte.
Lorsque l’interruption de la révélation lui paraissait longue par la
suite, il tentait le même acte.
Toutefois, dès qu’il était au sommet de la montagne, Jibril lui
apparaissait et lui répétait les même propos.
Jibril pour la deuxième fois
apporte la révélation
Selon ibn Hajar, l’objectif de l’interruption de la révélation
pendant des jours était de faire revenir le prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) de sa frayeur et aussi de lui faire
retrouver l’envie de vivre. Dès que l’objectif fut atteint et que
le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)
se mit à attendre la suite de la révélation, Jibril revint pour la
deuxième fois. D’après ce que rapporte Al-Boukhâri de Jabîr ibn
Abdillah, il a entendu le messager d’Allah (que la prière et la paix
d'Allah soient sur lui) parler de l’interruption de la révélation
en ces termes : « Alors que je marchais, j’entendis
soudain une voix appelant du ciel. Alors, levant les yeux, je vis le même
ange qui m’était apparut à Hirâ, assis sur une chaise entre le ciel
et la terre. Je fus tellement surpris que je roulai à terre. De retour
à ma famille je m’écriai : « enveloppez-moi !
Enveloppez-moi ! » Et on m’enveloppa.
Alors Allah le très haut fit descendre les versets allant de :
« O ! Toi (Mohamed) ! Le revêtu d’un manteau ! Lève- toi
et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements,
purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi. » Sourate ‘Le revêtu
d’un manteau’ versets 1, 2, 3, 4, et 5
Ensuite, la révélation se poursuivit, ininterrompue. Un autre hadith
authentique mentionne : « j’ai séjourné pendant un
mois à Hirâ ».
Après mon séjour, je descendais ; Mais lorsque je pénétrais
dans la vallée … ( Ensuite le prophète mentionna ce qui précède.)
En d’autres termes il descendit après y avoir passé le mois de
Ramadan. L’intervalle entre les deux révélations était de dix jours ;
car le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur
lui) ne passa pas un autre Ramadan à la grotte de Hirâ après
la descente de la première révélation. Ces versets de la sourate de
l’adhérence (Al-Alak) furent le point de départ de la mission. Leur
postérité par rapport à l’événement de la prophétie s’apprécie
sur la base de leur période de révélation. Ils comportent deux types
de charge et précisent au prophète les attitudes à tenir :
1. Le prophète (que la prière et
la paix d'Allah soient sur lui) avait à charge de communiquer et
d’avertir ; comme le laisse apparaître la parole d’Allah : «
lève-toi et avertis » dont le sens est « avertis
les gens contre le châtiment que leur infligera Allah s’ils ne
sortent pas de leur légèreté, de leur égarement, s’ils ne
renoncent pas à adorer autre qu’Allah et aussi à l’associer
à d’autres dans son essence, ses attributs ses droits et ses actes.
2. Le messager d’Allah (que la prière et la
paix d'Allah soient sur lui) avait aussi à charge d’appliquer
sur lui-même les ordres d’Allah, le Transcendant, le Très Haut de
s’attacher à ces ordres pour obtenir, par ce biais, sa satisfaction
et devenir le bon exemple pour quiconque croit en Allah.
Cela apparaît dans le reste des versets :
· « Et de
ton seigneur, célèbre la grandeur » en d’autres
termes célèbre exclusivement sa grandeur ! Et à cela n’associe
personne ».
· « Et tes
vêtements, purifie-les ». Le sens littéral
ici est purification des vêtements et de corps car, bien sur, celui qui
célèbre la grandeur d’Allah et se présente à lui, ne doit avoir
aucune marque de souillure et de saleté. Si c’est une telle
purification qu’on demande, à plus forte raison la purification des
ordures de l’associationnisme ainsi que de la turpitude des actes et
des caractères. La parole « et de ton péché, écarte-toi »
veut dire : « Eloigne-toi de tout ce qui
entraîne la colère d’Allah et détermine celui-ci à châtier et
cela, en t’attachant à obéir et à éviter les actes de désobéissance ».
La parole : « Et ne donne pas dans le but de
recevoir davantage » signifie : « Ne
pratique pas le bien pour ensuite en chercher rémunération chez les
gens, ou viser à en avoir meilleure rétribution en ce bas monde ».
· Quant au dernier verset « Et
pour ton Seigneur, endure » il renferme un
avertissement contre le mal que son peuple (à lui Mohammed (que
la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ) pourrait lui faire
si, professant une autre religion, il appelait à Allah et à Allah seul
sans associé, l’avertissait contre la violence du châtiment que leur
réserve celui-ci.
De surcroît, le début de la sourate englobe un appel sublime faite
d’une voie éminente –choisissant Mohammed (que la prière et la
paix d'Allah soient sur lui) pour porter l’illustre charge,
l’arrachant du sommeil, de son manteau et de la chaleur de son lit
pour le mener au Jihâd, à la lutte et aux épreuves :
« O toi, le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et
avertis ».
Tout se passe comme si l’on
disait : « Ceux qui vivent pour eux-mêmes pourraient trouver
le repos. Quant à toi qui portes ce lourd fardeau qu’as-tu à faire
du sommeil ? Où trouveras-tu le repos ? Qu’as-tu à faire
de la chaleur du lit, de la vie paisible et des commodités ?
Debout ! Une grande affaire t’attend. Le lourd fardeau
t’attend. Debout ! Au travail ! Fait des efforts, trime,
fatigue-toi ! Debout ! Ce n’ait plus l’heure du sommeil et
du repos ! Tu ne connaîtras désormais qu’insomnie continuelle
et pénibles activités. Debout ! Prépare-toi pour cette affaire !
Sois prêt ».
C’est donc une parole
sublime et redoutable qui l’arracha de la chaleur du lit au cœur de
la maison paisible, pour le pousser au large, entre les remous et les
tempêtes, entre la pression et l’attraction que décrivaient la
conscience des gens et la réalité de la vie.
Ainsi, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient
sur lui) se leva et ensuite resta debout pendant vingt ans au
cours desquelles il ne connut ni repos, et ne vécut ni pour lui-même,
ni pour sa famille. Il se leva et resta debout pour appeler à Allah et
porter l’écrasant fardeau sans toutefois succomber, le fardeau de la
grande loyauté, à la surface de cette terre, le fardeau de toute
l’humanité, le fardeau de la croyance dans son entièreté, le
fardeau de la lutte et du Jihâd.
A mener dans des domaines extrêmement variés. Le prophète (que la prière
et la paix d'Allah soient sur lui) passa plus de vingt ans dans
une bataille rude et continue. Au cours de cette période rien ne le détourna
de son objectif, à savoir depuis qu’il perçut l’appel haut et
sublime et reçut, par ce biais, la large redoutable. Puisse Allah le rétribuer
en bien au nom de toute l’humanité.
Extrait du livre "LE NECTAR
CACHETE" du professeur Safi Ar-Rahman
al-Moubarakfouri, professeur de l'université salafite de l'Inde.
Edition Daroussalam (Ici, il n’y a qu’un extrait, je conseille les
frères, et sœurs sincèrement de se le procurer.)
Source:
Le site MuslimIslam
Idée et
présentation:
OMARI Ahmed
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