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En1999, La France se mettait à l’heure marocaine.
Reconstruction fidèle de
Bab Mansour sur la place de la concorde à Paris
La France se met à l’heure marocaine pendant un an. Les
timides gestes de démocratie d’un souverain autocrate ne feront pas oublier
que ce pays à la culture immense vit, après des décennies de colonie, sous
une chape de plomb politique et morale qui prétend aujourd’hui au
ripolinage sous les auspices de ses historiques protecteurs élyséens. On
sait que, dans la balance de la real-diplomatie, il faut parfois des décennies
pour juger un tyran. Que cela ne nous empêche pas, au contraire, de puiser
dans l’intelligence d’une histoire, d’aller à la rencontre de ce qui en
fait la richesse, l’extraordinaire diversité, la modernité. L’occasion
est offerte par ce " Temps du Maroc " dont la somptueuse façade trône
désormais place de la Concorde à Paris. Aux côtés de notre non moins
colonial Obélisque, on peut admirer désormais une reconstitution, fidèle au
détail près, de la monumentale Bab Mansour, la plus importante porte de Meknès
(15 mètres de hauteur, 40 de largeur, 25 de profondeur). Jusqu’au 18
juillet, le Petit Palais accueille de son côté l’exposition phare les Trésors
du royaume, déjà conseillée dans ces pages. Signalons aussi la présentation
des Artistes singuliers d’Essaouira jusqu’au 30 avril à Strasbourg (03 88
75 10 05). Pour ceux, assurément nombreux, que cet événement mettrait en
transes, le Festival d’Essaouira se tient du 24 au 27 juin (rens. :
www.festival-gnaoua.co.ma/). Autre exposition, Peintres en partage (jusqu’au
2 mai, espace des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e) réunit
pour la première fois quarante plasticiens français et marocains
contemporains. Enfin, deux conseils tout subjectifs : le CD Master
Musicians of the Jajouka (Nad), une expérience musicale qui, en son temps,
" absorba " le Rolling Stone Brian Jones et, dans l’abondante littérature
marocaine - de Pain nu de Mohamed Choukri (Seuil) à Mohamed Berrada (Actes
Sud) ou Rachid O (Gallimard) - les livres d’un génial fou furieux :
Mohammed Khaïr Eddine. Comète en exil, irrigué autant par sa rébellion que
par ses attaches et ses mythologiques traditions, dévoré et écorché, ses
ouvres sont, pour la plupart, scandaleusement indisponibles en France. Sa
revue Souffles eut, sur l’exotisme littéraire en vigueur dans les années
soixante-dix, l’effet que son titre prophétisait. Je vous laisse le bonheur
de découvrir Agadir et Légende et vie d’Agoun Chich, publiés au Seuil.
Par: Didier Rochet
Source: L'Humanité
et www.ambafrance-ma.org
Idée,
mise en page et présentation: OMARI
Ahmed
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